2011, année parmi les plus chaudes
WASHINGTON, 10 juil 2012 – 2011 a été l’année la moins chaude depuis 2008 mais reste parmi les plus torrides des trois dernières décennies, avec de nombreux phénomènes météorologiques extrêmes dans le contexte du changement climatique, selon un rapport publié mardi aux Etats-Unis.
La tendance à la montée des températures s’est poursuivie l’an dernier, constate le rapport de l’Agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA). A la surface du globe, 2011 a compté parmi les 15 années les plus chaudes depuis la fin du XIXe siècle.
Mais le rapport, qui se penche pour la première fois sur les liens entre le changement climatique et les phénomènes météorologiques extrêmes, reconnaît que déterminer les causes de ces événements « reste difficile« .
« Bien que les scientifiques ne puissent pas établir de lien entre des phénomènes climatiques spécifiques en 2011 et le changement du climat avec une certitude absolue, de nouvelles recherches en cours les aident à comprendre comment la probabilité de tels événements météo augmente en réponse au réchauffement« , souligne le document.
« 2011 laissera le souvenir d’une année marquée par des phénomènes météo extrêmes aux Etats-Unis comme dans le reste du monde« , a relevé Kathryn Sullivan, directrice adjointe de la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration), en présentant le rapport.
Les perturbations météo ont surtout été liées à l’apparition du courant froid La Nina dans les eaux équatoriales de surface de l’océan Pacifique, caractérisées par une température anormalement basse. Le rapport cite les sécheresses historiques en Afrique de l’Est, dans le Sud-Ouest des Etats-Unis et dans le Nord du Mexique.
La Nina a aussi contribué à une saison d’ouragan tropicaux plus intense que la moyenne dans l’Atlantique Nord ainsi qu’à une moyenne saisonnière de cyclones plus basse dans le Nord-Est du Pacifique.
La Nina, qui apparaît tous les 4 à 5 ans et dure généralement d’1 à 2 ans, est également tenue responsable des 2 années les plus humides (2010-2011) jamais rapportées dans les annales en Australie, d’autant plus remarquables après 10 années de sécheresse.
L’Arctique a continué à montrer plus de changements rapides que le reste de la planète en 2011. La banquise a fondu durant l’été, atteignant sa deuxième superficie la plus petite jamais mesurée en période estivale.
Globalement, les glaciers sur la planète ont continué en 2011 à subir une réduction de leur masse.
L’Antarctique a aussi connu le 25 décembre 2011 sa plus haute température jamais enregistrée avec -12 degrés, soit 1,1 degré de plus que le précédent record.
Le rapport a utilisé 43 indicateurs climatiques pour traquer et identifier les changements et les tendances du système climatique terrestre comme la concentration des gaz à effets de serre, le niveau et la salinité des océans ou encore la couverture nuageuse et la fonte des glaces.
Ces scientifiques ont également constaté que la concentration dans l’atmosphère des principaux gaz à effet de serre comme le dioxyde de carbone (CO2) avait continué à augmenter en 2011.
La concentration de CO2 a franchi pour la première fois les 390 parties par million en volume (ppm) depuis que ces mesures sont effectuées.
Enfin la salinité des océans a continué à grimper dans les zones de forte évaporation ainsi que la température à leur surface.
Ce rapport, fondé sur 2 études menées en coordination avec l’American Meteorological Society (AMS), a été réalisé par 378 scientifiques de 48 pays.
Source : Jean-Louis Santini pour l’Agence France Presse
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